A Samoëns il y a des Samoisiens et des Septimontains

A Samoëns il y a des Samoisiens et des Septimontains

L'autochtone ou le montagnard d'adoption répond sans coup férir, les Septimontains !

 

Et aussitôt d' expliquer l'origine de ce gentilé par la rétrocession, le 20 juin 1438, aux paysans du bourg de 7 alpages. Sept alpages, sept montagnes, Septimontains... L'explication apparaît limpide comme de l'eau de roche. Pour marquer dignement cet octroi du duc Amédée VIII, on se fit fort à l'époque, de planter le fameux tilleul qui trône sur la place du village. 577 ans plus tard, l'arbre tutélaire est devenu l'orgueil du chef-lieu de canton et l'origine du nom des habitants a été gravée dans le marbre des carrières du Giffre.

 

Pourtant cette affirmation pourrait bien être sujette à interprétation. Dans les dictionnaires de la 1ère moitié du 20ème siècle, les habitants de Samoëns sont dénommés Samoisiens et Samoisiennes. L'orthographe même du nom du village évolue au fil du temps pour s'écrire Samoen ou Samoin ou encore Samoing, etc. Il proviendrait peut-être d'un peuplement burgonde et plus spécialement de son chef Samo.

 

L'affaire se complique lorsque l'on évoque l'existence des 7 montagnes qui sont en fait au nombre de 8 ! Les alpages de Fréterole, Chardonnière, Vigny, Cuidex, la Vullie, Bossetan, Oddaz, Folly.
Mais il est également possible de se référer aux 7 sommets entourant Samoëns et visibles depuis la place du Gros Tilleul : le Criou, la Bourgeoise, les Suets, le Thuet, les Pendants, les têtes de Trapechet et de Verchey. 7 sommets, 7 montagnes, Septimontains ! Nous y revoilà.

Pour les historiens et les spécialistes de l’étymologie, le mot Samoëns proviendrait du patois chaman et de Samo (prononcé Chamo). Tout comme Chamonix, ce terme signifierait ''le pré d'en haut''. Au Moyen-Âge, la vallée du Haut-Giffre s'appelait Certous c'est à dire essart, à savoir des terrains forestiers d'altitude, défrichées puis transformées en prairies. Des montagnes fréquentées par les chamois (chamo en patois).

 

De quoi se perdre en conjectures et rendre le lecteur sceptique...montain !

 

Par Olivier LESTIEN